Origine du karaté

Créé en mai 1949 au Japon avec Gichin Funakoshi comme Maître suprême, la Japan Karate Association (JKA) ou Nihon Karate Kyokai en japonais, a ouvert son premier dojo le 22 mars 1955.

Elle met en place sa célèbre école d'instructeur en avril 1956 et devient la première organisation de karaté officielle le 10 avril 1957 sous le numéro 180. Depuis lors, elle est la seule à pouvoir faire préceder son nom de quatre caractères certifiant sa reconnaissance par le ministère de l'éducation national japonais. Le 20 octobre 1957, elle organise la première compétition de karaté officielle. En 1958Masatoshi Nakayama de l'université de Takushoku en devient le chef instructeur jusqu'à sa mort le 15 avril 1987. La JKA développe à travers le monde le karaté-do en envoyant des instructeurs formés au Japon dans un grand nombre de pays.

Le 1er décembre 1974, l'association publie la revue mensuelle de karaté-do gekkan karate-do. En 1975, elle se retire de la fédération japonaise de karaté-do et réintègrera la FAJKO en 1981 comme l'un des quatre groupes coopérants. Après le décès de Masatoshi Nakayama en 1987, ses membres se disputent le leadership et après une décennie de procès, le 10 juin 1999, la cour suprême du Japon tranche définitivement en faveur du groupe Nakahara, avec Motokuni Sugiura comme chef instructeur, contre le groupe de Asai Tetsuhiko Sensei. À partir de 1994, elle organise des rassemblements d'instructeurs (shihankaï) qui aboutiront à la publication d'ouvrages sur les kata du style shotokan.

En 2000, elle devient propriétaire d'un grand dojo central (hombu dojo) à Tokyo. Elle s'affirme à l'heure actuelle comme défenseur du karaté-do de haute tradition et de culture japonaise. Représentée dans 109 pays, elle reste l'école la plus grande au monde et est réputée pour ses compétitions en 1 point ou 2 waza-ari (ippon shobu) qui n'ont ni catégories de poids ni protections. Le style shotokan de la JKA se caractérise par son dynamisme et ses techniques explosives (kime).

Depuis, avril 2012, la JKA est reconnu au Japon comme une association d'intérêt public. Elle est donc maintenant rattaché à l'État et est en ce sens là reconnu comme la référence dans l'enseignement du Karaté traditionnel non seulement au Japon mais aussi dans le monde entier.

Il est dit que Bodai Daruma (Bodhidharma), un moine bouddhiste indien, après un long voyage, demanda asile aux moines du monastère de Shaolin, en Chine vers l'an 520 après J.-C. Voyant ses disciples s'épuiser lors des longues méditations. Il conclut que la recherche de l'illumination par le zen ne devait pas se faire au détriment du corps, mais plutôt par l'union du corps et de l' esprit.

 

Il enseignera donc à ses disciples une série d'exercices physiques destinés à renforcer le corps. Cette méthode d’entraînement, basée sur la respiration  et sur des techniques de combats à poings nus ou avec bâton, se propagera plus tard en Chine sous le nom de Kenpō, littéralement la méthode des poings. Cinq monastères ont porté le nom de Shaolin; un deuxième est localisé sur la côte de la Mer de Chine, dans la province de Fujian, au sud.  Détruit en 1768, par l' empereur Yongzheng, le monastère de Dongchan fut reconstruit sur ses ruines. Ce furent vraisemblablement les techniques enseignées dans ce Shaolin du sud qui influencèrent le plus le To-de d' Okinawa, aussi appelé Okinawa-Te.

Okinawa, qui signifie corde sur l'océan, est l'île principale de l'archipel des îles Ryukyu au sud du Japon. Point de rencontre traditionnel des cultures chinoise et japonaise, l’île d’Okinawa devint l' endroit ou naquit la forme définitive du combat à mains nues. Durant la domination japonaise sur Okinawa, l’emploi des armes fut prohibé une deuxième fois, ce qui obligea les habitants à mettre au point des méthodes particulièrement efficaces de combat en se servant uniquement de leurs poings, de leurs pieds, et aussi d' instruments aratoires. Voilà pourquoi les applications de certaines techniques de karate sont aujourd’hui difficiles à expliquer: elles servaient à l’origine, à lutter contre des sabres, des lances, des naginatas...

Un mélange de Tō-de, des formes locales de combat ou encore importées d'ailleurs, finit par donner naissance à la méthode appelée Okinawa-te,  qui se développera suivant trois styles de base; Shuri-te, Naha-te, et Tomari-te. De la ressortiront les écoles suivantes : celles de Miyagi Chojun fondateur du Gōjū-ryū, de Mabuni Kenwa père du Shito-ryū, de Otsuka Hironori fondateur du Wado-ryū, de Nagamine Soshin un des pères du style Shorin-ryū et de Funakoshi Gichin qui créa le Shōtōkan-ryū.  En 1902, le gouvernement d’Okinawa introduit l'Okinawa-te dans les écoles secondaires. Itosu Yasutstune devient le premier instructeur. Par la suite, plusieurs maîtres iront enseigner leur art martial hors de l'île. Funakoshi fut un de ceux-là.

La main sacrée du Shuri-Te" , Itosu est né à Shuri en 1830. Fils de fonctionnaire, disciple de Matsumura Sokon dès l'âge de 16 ans, il  est devenu un des artistes martiaux les plus respectés à Okinawa pendant le 19 ième siècle. Il a été le secrétaire particulier du Roi de l'archipel des îles Ryukyu. C'est en grande partie grâce à lui que nous est parvenue la tradition du Shuri-Te, l'école de Sokon Matsumura. Une de ses grandes contributions, était la croyance ferme de l'importance du développement de la personnalité de l'individu à travers l'étude des katas et du bunkai, l'application technique des katas.

 En 1901, lorsque le gouvernement d’Okinawa introduisit le karate dans les écoles, Maître Itosu devint la première personne à enseigner le  Tō-De à l'école primaire Shuri-Jinjo . À cette époque la conception de l'éducation physique était militariste, car les médecins militaires s'étaienr rendu compte lors des examens que les pratiquants de cet art martial étaient plus robustes. Gichin Funakoshi  commençera à cette époque à étudier le Tō-De avec Sensei Itosu. Ce dernier enseignait un Tō-De de style Shōrin, caractérisé par une grande mobilité, et des techniques longues.



Le Karaté est aujourd'hui probablement l'art martial le plus populaire au monde.
Contrairement au Judo et à l'Aïkido, le Karaté ne fut jamais l'oeuvre d'un seul homme, mais celle de plusieurs générations de maîtres et de disciples, à travers une multitude d'écoles et de styles originaux qui conservent aujourd'hui encore, toutes leurs caractéristiques spécifiques.

Le Karaté est un art martial qui utilise de manière rationnelle toutes les possibilités que lui offre le corps humain en matière d'autodéfense. Les techniques les plus fréquentes sont celles de blocages et de percussions, largement majoritaires dans les styles modernes. Les styles traditionnels, quant à eux, développent parallèlement une panoplie très éclectique de techniques d'esquives, de saisies, de luxations, de projections et de strangulations, tout à fait caractéristiques d'une recherche d'efficacité intégrale.

Les techniques traditionnelles du Karaté sont destinées à assurer une efficacité totale dans toutes les formes de combat possibles, que ce soit à longue distance (distance de jambe), à distance moyenne (distance de poing) ou à distance courte (corps-à-corps).

Shomen Gichin Funakoshi est considéré comme le Père du karaté moderne. Importateur du Karate-Dō au Japon et créateur du style Shōtōkan, il a fait évoluer la forme initiale du karate d'Okinawa. C'est pourquoi, il est perçu comme un fondateur dans beaucoup de dojos sur la planète. Fils de Tominakoshi Gisu, il est né dans les premières années de la période de restauration Meiji, dans la contrée de Yamakawa, à Shuri, sur l'île d'Okinawa. Enfant chétif, il s'initie à l'art de combat des Ryukyu auprès de différents maîtres. À cette époque les arts martiaux était interdits par le gouvernement, et les entraînements avaient lieu secrètement la nuit.

Son premier poste à 21 ans, fut celui d' instituteur adjoint dans une école primaire. Plus tard, une promotion l’amenera à travailler à Naha. « Ce fut la plus grande chance qui me laissa le plus de temps et de possibilité de pratiquer le karate ».Devenu maître d'école, il enseignera durant le jour et poursuivra la pratique du karate le soir, chez Maître Azato.

Funakoshi  rencontre ensuite Maître Itosu au début du 20 ième siècle. Il participe avec lui à la première démonstration officielle d'Okinawa-Te, rapidement suivie par d'autres à travers tout le Japon. Les japonais présents furent si impressionnés qu'ils lui demandèrent de rester au Japon pour y enseigner sa technique. Dès le début des années 1920, le karate fut implanté dans les écoles élémentaires japonaises. C'est à cette époque qu'il changera son nom de famille Tominakoshi pour Funakoshi, le mot Funa étant un diminutif signifiant; qui traverse l'océan en bateau.

La popularité grandissante du karate incita de nombreux autres experts d’Okinawa à venir enseigner leur style au Japon. Bien que les techniques puissent différer, le karate de ces maîtres obéissait aux mêmes principes de base. Le succès qu'il rencontre alors, le convainc de s'installer à Tōkyō et d'y commencer le développement du karate en passant par les universités pour parvenir à ses fins. En 1922 Funakoshi fonde son propre style, l' Okinawa-Te, qui deviendra par la suite  Shōtōkan-Ryu. En 1924 il ouvre son premier club. Trois ans plus tard il en aura quatre supplémentaires.

De son école sortent de célèbres maîtres: Nakayama,  Nishiyama, Kanazawa et Nagamine. À l'époque Shōtōkan  désignait le nom de son dojo et non celui du style. Shōtō  étant le nom de plume qu'avait adopté Maître Funakoshi pour signer ses poèmes. Chargé d'enseigner le karate à l'université de Tōkyō, il ne retournera jamais à Okinawa et meurt le 26 avril 1957 à l'âge de 88 ans

 

 Le dojo kun ci-dessous, et à chaque fin de cours récité dans les dojos de la Jka

1) cherchez la perfection du caractère

2) soyez fidèle

3) soyez constant dans l'effort

4) respectez les autres

5) retenez toute conduite violente

Au travers de ces cinq règles, on comprend mieux que le Karate-dō repose sur des valeurs, une dimension philosophique qui dépassent la simple pratique d'un art martial.

Le but ultime du Karate-dō . Le premier précepte ne donne pas la priorité à la force, la vitesse, le niveau technique ou l'aptitude au combat, mais au perfectionnement du caractère de l'élève. L'enseignement du karaté vise à former le caractère de l'athlète et le respect de l'adversaire. Détermination, sincérité, effort, éthique sportive et contrôle de soi sont des valeurs importantes au dōjō. Bref, un karateka doit s'efforcer de rechercher le développement autant sur le plan philosophique que celui de la performance. Le karate-dō est un mode de vie qui forge un tempérament capable de faire face à n'importe quelle adversité de la vie courante. Les quatre règles suivantes sont nécessaires pour l'accomplissement de ce premier précepte.

La Voie doit être vraie, honnête, c'est à dire ne pas être une méthode de complaisance (sans aucune justification, pour des raisons commerciales ou pour flatter l'ego). Soyez humble et fidèle à votre art martial, votre instructeur, vos seniors, vos partenaires d'entraînement, et tout ceux qui sont venus avant vous. Mais il est également nécessaire d'être fidèle à soi-même, sa famille, sa communauté, sa foi, son pays, et la planète.

Exécuter les mouvements ne suffira pas, vous devez avoir une compréhension de ce que vous pratiquez quand vous le pratiquez. Ceci exige une attention focalisée et l'engagement complet dans l'effort. La répétition des techniques de base, n'est pas un blocage à l'apprentissage, comme certains semblent le croire, mais il est aussi vrai qu'un tel entraînement n'est pas toujours très amusant. Ceci demande un effort soutenu et s'avère très difficile si vous désirez atteindre ce que vous croyez être vos limites. Pour y arriver, vous devrez persévérer et apprendre à développer votre patience. Un effort continu est la solution. Etre patient, apprendre à bien se connaître et chercher à devenir un meilleur individu, savoir faire et savoir être dans toutes les situations de la vie (famille, travail...)

Respecter les autres devrait être évident en soi. Il signifie simplement de pratiquer la courtoisie et de respecter l'étiquette appropriée. Agit envers ton prochain comme tu aimerais qu'on agisse envers toi.

S'abstenir de tout comportement violent, contrôler ses émotions est extrêmement important. Le meilleur combat sera toujours celui que l'on évite, il est préférable d'éviter une confrontation que risquer de blesser gravement un autre être humain. Une action de légitime défense devrait seulement être prise quand aucun autre recours n'est possible, quand il n'y a aucune alternative. Ceci semble être une contradiction du karate-dō pour les profanes, mais ici nous avons l'essence de la moralité des arts martiaux. La force doit être employée à des fin moralement correctes, comme l'auto défense ou la protection d'un innocent.

Le Le dōjō kun montre le chemin vers les buts ultimes de l'entraînement, le perfectionnement du cara ctère, la sincérité, l'effort constant, le respect des autres et la maîtrise de soi. Finalement, la technique est secondaire, c'est l'esprit individuel qui doit être éduqué et discipliné. En suivant sérieusement les techniques inhérentes à ces principes simples en apparence, l'étudiant peut commencer à faire des progrès dans la Voie du Karate-dō.

L’origine de la rédaction du dōjō kun est attribuée après-guerre (aucune trace avant cette période) à la Nihon Karate Kyokai (Japan Karate Association), association créée en 1949 par ses anciens élèves et dont Gichin Funakoshi en était le Maître Suprême jusqu’à sa disparition en 1957, et dirigé par un de ses disciples, Maître Masatoshi Nakayama qui a été l’animateur très actif de la JKA jusqu’à son décès en 1987. Le dōjō kun a été rédigé et probablement calligraphié par M. Nakayama, avec l’aide probable de Maître Okazaki, en s’inspirant de préceptes anciens de Maître Teruya Kanga d’Okinawa (style Shuri-Te), mais peut-être également de règles anciennes édictées par son homonyme, Maître Nakayama au Kendō, modifiées par les anciens de la célèbre université Takushoku. Ces 5 règles ont été édictées probablement pour des raisons diplomatiques, liées à l’occupation américaine de l’archipel, pour permettre la pratique du karate-dō, en dépit de l’interdiction du général Mc Arthur de la pratique les arts martiaux après la reddition du Japon. 

Bien que largement utilisé dans les dōjō de style Shōtōkan « traditionnels », le dōjō kun   de la JKA n’est pas exclusif, certaines variantes existent, comme à la SKI de Maître Kanazawa et chaque style à généralement son propre dōjō kun .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le logo JKA a été adopté lorsque la JKA en 1958 est passé école de karaté reconnue).  

Il symbolise l'espace qui est vaste et surtout la nature.

Naturels comme doivent être l'esprit et les techniques du karaté JKA .

Il est protègé par les lois des droits d'auteur et son utilisation passe par l'autorisation de la JKA.


 

Date de dernière mise à jour : samedi, 18 avril 2020